Des lettres et des tableaux : Nicolas Poussin épistolier

Date : 08/04/2022
Lieu : Bordeaux Athénée amphithéâtre Wrésinski et en replay Inscription

Alain Mérot
Professeur émérite d’histoire de l’art moderne, Sorbonne-Université (Faculté des lettres)

Spécialiste de l’art du XVIIe siècle, on lui doit ente autres des ouvrages sur Eustache Le Sueur, Nicolas Poussin, la peinture de paysage et la notion de « baroque ». Ses travaux actuels portent sur Simon Vouet et sur la grâce dans l’art occidental.

Les quelque deux-cents lettres conservées de Nicolas Poussin en dessinent un portrait certes partiel, mais passionnant. Les spécialistes du peintre se sont toujours appuyés sur ce corpus pour tenter de retrouver sa « vraie » figure. Pourtant, cette correspondance ne constitue pas un document, au sens positif du terme, à cause bien sûr des énormes lacunes qu’elle présente, mais aussi du caractère relatif de sa supposée sincérité – le genre épistolaire comportant ses règles et sa rhétorique propres. C’est en ayant conscience de ces manques et de ces décalages que l’on peut l’utiliser avec fruit pour mieux connaître l’homme et son environnement social et culturel. Le style des lettres et les multiples références qui s’y trouvent permettent d’approcher son caractère, ses amitiés, ses idées et ses intérêts, mais aussi le personnage qu’il a voulu construire pour ses contemporains comme pour la postérité. Cette correspondance constitue d’autre part une source de premier plan pour documenter son œuvre : dater les tableaux, étudier les circonstances de leur commande, mais aussi en mieux connaître le fond et la forme, plus que jamais indissociables. Car Poussin s’est largement exprimé sur son art dans ces lettres qui sont en quelque sorte l’ébauche d’un Traité de la peinture qu’il n’écrivit jamais.

Ill., Nicolas Poussin, L’Inspiration du poète

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