Yves Klein : du monochrome à l’invisible

Denys Riout

Professeur émérite d’histoire de l’art, université Paris I Sorbonne, a notamment publié : Les Écrivains devant l’impressionnisme (anthologie de textes, Macula, rééd. 1995),  Yves Klein. Manifester l’immatériel (Gallimard, coll. « Art et Artistes », 2004); La Peinture monochrome. Histoire et archéologie d’un genre (édition revue et augmentée, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2006), Yves Klein. L’aventure monochrome (Gallimard, coll. « Découvertes », 2006), Constantin Brancusi. L’Hélice et l’oiseau (Nouvelles Éditions Scala, coll. « Ateliers imaginaires », 2012),  Qu’est-ce que l’art moderne ? (Gallimard, coll. « Folio Essais », rééd. 2016). Son essai consacré aux « œuvres invisibles » paraîtra prochainement, aux Éditions Gallimard (coll. « Art et artistes »).

 

Yves Klein (1928-1962) demeure célèbre pour son « aventure monochrome ». Menée de main de maître, elle le conduisit non seulement à privilégier un certain bleu, auquel son nom est désormais associé, mais aussi à procéder à son « immatérialisation » pour n’en conserver que la quintessence. Ce bleu devenu invisible fut présenté en grande pompe en avril 1958 lors d’une exposition qui demeure l’une des plus étonnantes du XXe siècle. L’une des plus difficilement compréhensibles aussi, bien que l’artiste se soit employé à en expliquer la genèse. Par la suite, Klein mit au point des cessions de « zones de sensibilité picturale immatérielle ». Invisibles, plusieurs d’entre elles ont pourtant trouvé des acquéreurs. « Klein vend du vent », déclara un critique de l’époque. Est-ce si certain ? La postérité de ces œuvres tendrait plutôt à prouver le contraire.

 

Vendredi 12 octobre 2018, conférence à 18h, Athénée, Amphithéâtre Wrésinsky, place saint Christoly

Ill. : Yves Klein, Côte d’Azur

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