Un mariage royal à Bordeaux ou l’activité artistique à la cours de France autour de 1615 – Marc Favreau

Le 25 novembre 1615, le mariage entre le jeune roi Louis XIII et l’infante d’Espagne Anne d’Autriche consacrait l’union des deux grandes puissances européennes, à l’instigation de Marie de Médicis.

L’histoire a souvent minimisé le rôle de la reine mère au cœur des affaires de l’Etat pendant la Régence. Si elle a effectivement géré le royaume en concédant charges et faveurs, en particulier, au profit des grands en vidant les caisses du Trésor, elle a néanmoins eu pour principe fondamental d’assurer les intérêts de son fils et la stabilité de la Couronne. Mais, en tant que membre d’une illustre maison catholique, elle renversa les alliances établies par son défunt mari avec les princes protestants en faveur de l’Espagne et de l’Empire, avec la bénédiction pontificale.

 L’action artistique de la reine mère fut aussi sous-estimée car elle se situait dans l’ombre du règne précédent et n’annonçait pas le suivant. Une sorte de parenthèse stérile dans ce Grand Siècle si brillant. Il fallut attendre l’exposition de Blois en 2003-2004 pour rétablir la réalité historique et artistique.

 La conférence ne concernera que la peinture à la cour et abordera dans un premier temps les grands décors peints. La Couronne fit achever les travaux commandés par Henri IV et dirigés par Ambroise Dubois (v.1543-1614) et Martin Fréminet (1567-1619) à Fontainebleau, et par Jacob Bunel (1558-1614) à la Petite Galerie du Louvre. Elle réalisa aussi la chapelle de la Trinité à Fontainebleau ou les tentures de tapisserie auprès d’ateliers parisiens.

 La seconde partie de cette présentation sera consacrée au milieu des peintres de la cour qui, avant l’ouverture du chantier du palais du Luxembourg en 1615, bénéficièrent des commandes du Roi, de l’Eglise et de la Ville. A une époque où la peinture n’était guère appréciée par une large clientèle particulière, trois personnalités dominaient leur milieu professionnel : Georges Lallemant (v. 1575-1636), Ferdinand Elle (v. 1580-1637) et Quentin Varin (1570-1634). Ils pratiquaient un maniérisme assagi qui, avec le naturalisme froid et exigeant d’un Frans II Pourbus (1570-1622), contribuèrent à la formation et à l’émergence d’un style plus classique. La génération des années 1590-1600, dotée d’un fort tempérament et d’un esprit d’aventure remit en cause le style officiel et se tournèrent vers l’Italie pour y apprendre, voire pour y vivre comme Nicolas Poussin (1594-1665) et Claude Gellée dit le Lorrain (1600-1682).

Marc Favreau

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