Réinventer Caravage sous l’égide de Bacchus. Licences et provocations des peintres caravagesques (Rome, 1610-1630)

Annick Lemoine

Docteur en histoire de l’art et maître de conférences à l’université Rennes 2, Annick Lemoine est directrice scientifique du Festival d’histoire de l’art. Pensionnaire de l’Académie de France à Rome et boursière de la Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi, spécialiste de la peinture française et italienne du XVIIe siècle, elle travaille sur l’héritage du Caravage. Elle a récemment été commissaire des expositions internationales Les Bas-fonds du baroque. La Rome du vice et de la misère (Petit Palais, Paris, 24 février –24 mai 2015, et de Valentin de Boulogne. Réinventer Caravage (musée du Louvre, Paris, 22 février – 22 mai 2017). Elle a publié en 2007 aux éditions Arthéna un magistral livre consacré à Nicolas Régnier.

 

Rome, la Ville éternelle, recèle une grande quantité de projets, de chefs-d’œuvre, d’artistes internationaux, de veines stylistiques qui inspirent l’ensemble de l’art baroque européen. La peinture du XVIIe siècle gravite autour de cette cité devenue à cette époque le centre du monde des arts, de la peinture de l’architecture, de la sculpture et de la pensée. Après le sac de Rome en 1527, le siège de la papauté retrouve sa vigueur pour connaitre entre la fin du XVI et le milieu du XVIIe siècle une période de splendeur qui s’exprime à travers une activité urbaine et architecturale sans précédent. A l’aube du changement de siècle, les premiers fruits de ce changement radical se font à Bologne qui, entre 1580 et 1595, doit être considéré, grâce à la peinture des Carrache, comme la ville de l’avant-garde. Mais la modification la plus profonde du rapport sentimental, notamment, entre l’artiste et l’objet de son regard fut celle qu’apporta Caravage.

Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage, né à Milan en 1571 et décédé à Rome en 1610, fort de son apprentissage au cœur du réalisme lombard, propose un modèle totalement neuf qui devient le langage commun à de nombreux peintres. Jouissant d’une immense renommée, il sera pour les peintres des années qui vont suivre, un modèle. C’est sous le magistère d’Urbain VIII – Maffeo Barberini élu pape en 1623 – fin lettré, que les arts à Rome prirent une ampleur toute nouvelle avec Bernin en particulier, mais aussi avec ces peintres dont l’image de Caravage est présente avec ses inventions et ses thèmes de prédilection dont celui de Bacchus, le dieu de la vigne, du vin, des festivités, de la danse et des plaisirs de la vie.

 

Vendredi 30 novembre 2018, conférence à 18h, Athénée, Amphithéâtre Wrésinskyi place saint Christoly

Ill. : Le Caravage, Autoportrait

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