Pour l’amour de l’antique : Laocoon, histoire d’une découverte

 

  • Laocoon et ses fils détail

 

Emmanuel Lamouche

Professeur d’histoire de l’art moderne, université de Nantes

Docteur en Histoire de l’art, il a soutenu sa thèse, sous la direction de Philippe Sénéchal à l’université de Picardie, Jules Verne, en 2013, thèse consacrée aux « Activités des fondeurs de bronze à Rome entre 1585 et 1625 ».

Rome au début du XVIIe siècle : la ville voit s’affairer sur une multitude de chantiers architectes et équipes de sculpteurs et de peintres, dans une quête effrénée de magnificence qui a inauguré la grande saison baroque si indissociable de la cité pontificale. L’un de ces chantiers, celui de l’église Saint-André della Valle, est particulièrement intéressant pour le décor exceptionnel de ses chapelles. On y trouve au travail le sculpteur Pietro Bernini (1562-1629), un artiste que les Bordelais connaissent bien pour son Annonciation de l’église Saint-Bruno. Mais la découverte à Rome du  » Laocoon et ses fils  » a été une source d’inspiration pour de nombreux artistes, à la fois en raison de sa composition extrêmement complexe et de par la signification qu’on lui a donnée. Rappelons que Laocoon est un prêtre d’Apollon, doué du don de prophétie. Lorsque les troyens dans l’épisode final de la guerre de Troie, sortent sortent tout joyeux de la ville et voient ce gigantesque cheval de bois abandonné par les Grecs, Laocoon a la vision qu’avec ce cheval le malheur va entrer dans la cité. C’est alors qu’Apollon châtie son prêtre en envoyant les deux serpents. Cette statue aurait été trouvée  sur un site romain à l’emplacement de la maison dorée de Néron, et l’on sait avec certitude que c’est en 1506 qu’elle a été découverte. Devant cette statue, Michel-Ange  dit  » C’est le Laocoon cité par Pline ». Pline décrit l’œuvre en la présentant taillée dans un seul bloc de marbre, et ce n’est pas le cas. Ce Laocoon « souffre mais ne grimace point » selon la formule de Winckelmann, Ce thème est au centre du double courant qui parcourt l’art occidental, l’un serein, l’autre plus violent, qui va s’épanouir dans l’art baroque. Dans nombre d’œuvres du Bernin on sent l’influence du Laocoon.

 

  • Vendredi 26 janvier 2018 à 18h Athénée amphithéâtre Wrésinsky place saint christoly
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