Le nu dans la sculpture grecque

 

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Jacques des Courtils

Professeur d’histoire de l’art antique et d’archéologie, université Bordeaux III

Agrégé de Lettres classiques, Docteur en Antiquités grecques et romaines et membre de l’Ecole Française d’Athènes, Mr des Coutils est professeur d’histoire de l’art antique et d’archéologie à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux III. Il a conduit de nombreuses fouilles en Grèce et en Turquie, sur le site de Xanthos, ce qui lui a valu plusieurs distinctions, le Grand prix international d’archéologie, dont il fut récompensé par la fondation Simone et Cino del Duca et, depuis 2009 il est élu à l’Institut universitaire de France

A nous en tenir aux arts, le nu en peinture et en sculpture a tenu une grande place si ce n’est une place majeure de l’antiquité païenne à nos jours, une tenue de gala que s’autorisent aussi les dieux et les demi-dieux. Pour eux, le drapé de la Vénus de Milo ou le drapé mouillé de la Victoire de Samothrace ne sont que figures célébrant ce qu’elles cachent de la nudité divine, et non des vêtements qui la dissimuleraient.  Chez les grecs et les romains, le dieu Min, nu et viril, devient le dieu Pan qui veille sur la fertilité des champs, des jardins et des couples. Mais les grands dieux et déesses, qui ont des fonctions moins exclusivement terrestres et plus cosmiques, sont parés d’une nudité divine ou héroïque au repos, déployée par l’art dans un espace qui n’est pas le nôtre. Au fond ces statues gréco-romaines de déesses arrachées  aux temples où elles étaient adorées nous prouvent  que l’une des plus hautes formes de l’art que l’on peut admirer dans les musées, celle qui demande le tact le plus spirituel, c’est le nu, qui se prête avec tant de facilité au matérialisme de la matière. La Renaissance, c’est avant tout la redécouverte d’une antiquité flamboyante. De là l’extraordinaire science du corps humain dans ce qu’il a de plus grandiose et de plus sublime, remis en scène par les plus grands peintres et sculpteurs de Léonard à Michel-Ange, de Donatello à Verrocchio et tant d’autres artistes au cours des siècles.

 

  • Vendredi 1er décembre 2017 à 18h Athénée amphithéâtre Wrésinsky place saint Christoly.
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