L’art à Sienne : Sassetta entre Gothique et Renaissance

Anne-Laure Connesson

Docteur en histoire de l’art et chercheur associé au laboratoire TRAME de l’Université d’Amiens. Ses domaines de recherche : Moyen Âge et Renaissance italienne, Art toscan, histoire de la sculpture, emblématique et héraldique et histoire matérielle de l’objet. Actuellement elle enseigne l’histoire de l’art à Florence.

 

1400-1430 : alors que Florence s’engage dans une longue période artistique extrêmement féconde, la ville de Sienne, au même moment, sort meurtrie d’une fin de siècle douloureuse. La peste a divisé par deux la population et a mis un terme brutal à l’âge d’or de la peinture siennoise. Les frères Lorenzetti, comme tant de leurs compatriotes, ont péri lors de l’épidémie. Pourtant, à l’orée du XVe siècle, la ville se relève doucement, rétablissant ses institutions et renouant avec les fastes du passé, mêlant nostalgie des années glorieuses et innovation créatrice d’un nouveau siècle riche de promesses.

Si la tradition apparaît encore fortement dans les oeuvres du Vecchietta, de Sano di Pietro ou du Sassetta, l’esprit de recherche de ces artistes ne se détourna jamais complètement de la révolution artistique qui s’opérait au même moment dans la cité ennemie voisine. Au sens du concret des Florentins, à leur définition nouvelle de l’espace correspond alors l’irréalisme presque fantastique, l’inspiration spirituelle et onirique non moins que l’atmosphère pieuse et poétique de la peinture siennoise. Stefano di Giovanni da Cortona, dit Sassetta, fut sans doute le meilleur artisan de cette «Renaissance ombragée», comme l’avait défini Roberto Longhi, réinterprétation d’un mouvement artistique moderne repensé à l’aune d’une identité fortement ancrée dans l’histoire de la cité.

 

 

Vendredi 8 février 2019, conférence à 18h, Athénée, amphithéâtre Wrésinski, place saint Christoly

 

Ill. : Sasseta, Stefano di Giovanni dit, Madona col Bambino

 

 

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