La question de l’opposition entre « classique et baroque »

Laurent Lecomte

Docteur en histoire de l’art moderne de l’université Paris 4 Sorbonne, il est spécialiste de l’architecture en France. Il a publié plusieurs ouvrages et participé à la monographie François Mansart un génie de l’architecture chez Gallimard en 1998. Il a publié  Les religieuses dans la ville l’architecture des Visitandines en France au XVII et XVIIIe siècles. Il travaille aujourd’hui sur les relations entre l’architecte Le Corbusier et le galeriste Louis Carré.

Inusités ou presque à l’époque qu’ils sont censés représenter, les mots « baroque » et « classique » n’apparaissent qu’à la fin du XIXe siècle dans la littérature artistique germanique (Heinrich Wölfflin), avant de connaître une fortune extraordinaire et entrer dans le langage courant au siècle suivant. Employés tantôt comme catégorie esthétique transhistorique, tantôt comme notion stylistique ou historique, ils sont devenus au fil du temps une source de confusion, de stéréotypes et lieux communs qui empêche d’appréhender vraiment l’art des Temps modernes (XVIe – XVIIIe siècles), à la fois dans son unicité stylistique que dans la multiplicité de ses phénomènes. Le champ de l’architecture qui étayera notre exposé le démontre à l’envi : l’opposition classique versus baroque sur laquelle on a tant glosé ne résiste pas à l’analyse – sauf à revenir à la source étymologique des mots stricto sensu – tandis que l’image du « croissant » baroque retranchant la France « classique » du reste de l’Europe germanique et méditerranéenne relève plus de la fiction que de la réalité historique.

Vendredi 5 avril 2019, conférence à 18h, Athénée, amphithéâtre Wrésinsky, place saint Christoly

Ill. : Gian Lorenzo Bernini dit Le Bernin, Apollon et Daphné, sculpture, détail

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