La correspondance de Vincent Van Gogh

  • Van Gogh Vincent Champs de blé près d’Auvers

 

Nienke Bakker

Conservateur des peintures au musée Van Gogh d’Amsterdam

Nienke Bakker est conservateur au musée Van Gogh à Amsterdam et a la charge des deux cents peintures de l’artiste que possède ce musée. Elle a étudié l’histoire de l’art à l’université d’Utrecht et le français à Utrecht, Leyde et Lille. Entrée au musée Van Gogh en 2000, elle a participé au commissariat de la grande exposition anniversaire Vincent’s Choice qui évoquait les sources d’inspiration de Van Gogh à partir de ses lettres. Elle a ensuite collaboré pendant sept ans au Van Gogh Letters Project, d’où la publication des lettres de Vincent. En tant que spécialiste de la vie et des œuvres de Van Gogh et plus particulièrement de sa période française et de ses lettres, Nienke Bakker a publié dans des ouvrages variés, des publications savantes et dans des catalogues d’exposition. Elle a participé à différentes expositions: Daubigny, Monet, Van Gogh: Impressions of Landscape (2016), Van Gogh and his Illness (2016), et Van Gogh & Japan (2017-2018).

Vincent Van Gogh (1853-1890), un fou génial et sans le sou, n’a pas été reconnu de son vivant. Or il n’était pas si pauvre, il n’était pas si fou. Peintre et écrivain de génie, dans ses lettres, il savait raconter merveilleusement et de façon captivante ce qui l’occupait et pourquoi il peignait un sujet de telle ou telle manière. Le musée Van Gogh d’Amsterdam et l’Institut Huygens-Knaw  à La Haye, ont examiné pendant quinze ans la correspondance du peintre. Chaque mot, chaque phrase ont été scrutés. De ce travail est né un ouvrage en six volumes de plus de 2 000 pages, qui paraît simultanément en néerlandais, en français et en anglais : Vincent Van Gogh. Les lettres – Edition critique complète illustrée [éd. Actes Sud pour la France]. Vincent Van Gogh était un homme de mots. En dehors de la peinture, il lisait quantité de livres et aimait écrire. “Il y a tant de gens, en particulier parmi nos amis, qui pensent que les mots ne sont rien. Bien au contraire, ne croyez-vous pas qu’il est aussi intéressant et aussi difficile de bien dire une chose que de bien la peindre ?” demandait Van Gogh le 19 avril 1888 à son ami le peintre Emile Bernard.

Van Gogh lisait des livres en néerlandais, en anglais, en français et en allemand. D’après Luijten, il n’était pas maniaco-dépressif, comme on l’a dit souvent. “Il était extrêmement fanatique, passionné, bouillonnant d’énergie, infatigable. Il n’avait que 37 ans quand il est mort, mais il a vécu pour ainsi dire soixante-quinze ans. Il savait ce qu’il voulait, il faisait des études pour ses tableaux, travaillait avec détermination jusqu’au résultat final. Pour Les Tournesols, par exemple, il a travaillé, retravaillé, utilisant couleur sur couleur, pour aboutir à cette œuvre unique. Van Gogh était d’avis que l’art devait permettre à l’homme de s’élever au-dessus du quotidien. Il voulait que son art serve de réconfort. Il faut être « dans » la nature, disait-il. Il montrait la beauté de la Création.” Il a écrit : “Pour ma part, je ne connais pas d’autre voie que de me battre avec la nature jusqu’à ce qu’elle me livre son secret.”

 

  • Vendredi 6 avril 2018 à 18h Athénée amphithéâtre Wrésinsky place saint Christoly

 

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