Exposer la peinture de Delacroix aujourd’hui : enjeux et défis

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Come Favre

Conservateur au département des peintures au musée du Louvre

Conservateur des peintures au musée d’Orsay à Paris depuis juillet 2012, Côme Fabre a été nommé conservateur spécialiste des peintures françaises du XIXe siècle au département des peintures du musée du Louvre, à compter de début mars. Il succède à Sébastien Allard, qui a pris la tête du département en avril dernier. Côme Fabre a été commissaire de l’exposition « L’ange du bizarre » en 2013 et sera commissaire de l’exposition « El Canto del cisne. Pinturas academicas del Salon. Colecciones Musée d’Orsay » qui se tiendra du 13 février au 31 mai 2015 à la Fundacion Mapfre à Madrid.

Le musée du Louvre et le Metropolitan Museum of Art de New York organisent en 2018 une exposition monographique dédiée à la carrière picturale d’Eugène Delacroix. Par son ampleur et son ambition, ce projet relève un défi inédit depuis l’exposition parisienne qui commémorait en 1963 le centenaire de la mort de l’artiste ; l’étape new-yorkaise sera en outre de la première rétrospective complète réalisée en Amérique du Nord.

L’artiste semble bien connu aujourd’hui : un musée-atelier cultive sa mémoire et d’innombrables publications révèlent chaque année de nouveaux détails de sa vie et de son œuvre. Mais les moments de synthèse sont rares et il reste en réalité beaucoup à comprendre sur le mouvement général de sa création. La carrière de Delacroix s’étire sur un peu plus de quarante années (de 1822 à 1863), or les peintures qui font sa célébrité aujourd’hui ont pour la plupart été produites durant la première décennie. Souvent cité comme ancêtre des avant-gardes coloristes de la seconde moitié du XIXe siècle, Delacroix décrit en réalité un parcours énigmatique, parfois embarrassant et peu compatible avec la vision moderniste de l’histoire de l’art occidental. Comment exposer dans sa globalité une carrière complexe d’un artiste peintre, lithographe, diariste, critique d’art, écrivain, etc. ? comment sortir d’une vision dualiste qui a longtemps considéré Delacroix écartelé entre romantisme et classicisme ? comment redéfinir l’originalité et situer la modernité trouble de ce peintre dans son siècle ? Tels sont, parmi d’autres, les enjeux qui animent les coulisses d’une exposition.

 

  • Vendredi 9 février 2018 à 18h Athénée amphithéâtre Wrésinsky place saint Christoly
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