Des années 25 à « l’art déco » les avatars d’un style

  • Amis Musée Beaux-Arts _ René Lalique, Le Peigne aux hortensias, détail.

Conférence_ Des années 25 à « l’art déco » les avatars d’un style

Par Jean-Louis Gaillemin,

historien d’art Centre André Chastel. Jean-Louis Gaillemin, docteur en histoire de l’art (Université de Paris 4, 2001), fondateur de Beaux-Arts Magazine et de L’Objet d’Art, enseigne l’histoire de l’art à la Sorbonne. Spécialiste de l’histoire de l’architecture et des intérieurs, il a publié plusieurs ouvrages : La Folie d’Artois (Les Antiquaires de Paris, 1988), Décorateurs des années quarante (Norma, 1999, avec Bruno Foucart) et Antiquaires (Assouline, 2001), Stadium, le stade des marbres (Norma, 2002), Dali : le grand paranoïaque (Gallimard, 2004), Egon Schiele (Gallimard, 2005) et André Dubreuil : poète du fer (Norma, 2006).

Dans Déblaiement d’art paru en 1894, l’auteur de cet essai, l’artiste belge Henry Van de Velve (1863-1957) écrit : « Les différentes branches de l’art qui paraissaient indéniablement ennemies se sentirent irrésistiblement attirées l’une vers l’autre ». Plus de petit ou de grand art ; l’art était dans tout. Van de Velve imagina des robes pour sa femme comme le firent aussi d’autres créateurs. Furent créés des bijoux, des flacons de parfum, des affiches publicitaires, des tapisseries, des vitraux, sans oublier l’architecture. Rien ne fut assez modeste pour détourner l’intérêt de l’artiste. Cette courte énumération montre que l’érosion des frontières entre arts majeurs et arts mineurs profita principalement aux arts décoratifs et à l’architecture, au détriment de la peinture, dont la vocation devait redevenir ornementale. De fait, ce qui intéresse l’artiste Art nouveau, c’est de saisir et de restituer la nature dans sa croissance et son dynamisme. Les formes souples et sinueuses qu’il imagine ont double vocation : constructive et ornementale. Elles ne relèvent pas de caprice, mais d’une perception aigüe de la beauté des formes naturelles ; nombreux sont les artistes à l’avoir formulée, chacun à leur manière. Hector Guimard (1867-1942) déclare en 1899 : « Quand j’entrevois une maison, quand je dessine un meuble, je songe au spectacle que nous donne l’univers ». Quant à August Endell (1871-1925), il affirmait « Que celui qui n’a jamais été ému par les courbes délicates de brins d’herbe, par la fleur de chardon merveilleuse et impitoyable, par la pétillante jeunesse des verts bourgeons, celui-là n’a aucune idée de la beauté ».

 

  • Vendredi 12 mai 2017. A 18 heures, Athénée Amphithéâtre Wrésinsky place Saint-Christoly
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