Qu’est – ce que cette perdrix ? Ne le voyez – vous pas ? c’est une perdrix […].
Alexis merle du Bourg
Alexis Merle du Bourg (historien de l’art et commissaire d’exposition)
Docteur en histoire de l’art, spécialiste de la peinture flamande au XVIIe siècle, il s’est aussi fréquemment intéressé au XVIIIe siècle français : Oudry, Jean-François de Troy et surtout Chardin. C’est aujourd’hui l’étude de l’école espagnole et singulièrement de Goya (il prépare une monographie sur le maître aragonais, à paraître chez Citadelles & Mazenod) qui l’occupe.
Interpréter Chardin
L’œuvre de Jean-Siméon Chardin (1699-1779) est-elle exclusive d’un contenu éthique, philosophique ou métaphysique ? En 1951, André Malraux, avec son éloquence persuasive, crut pouvoir ériger l’artiste parisien en prophète de l’abstraction, héraut de la libération des peintres de l’asservissement au « réel ». Très influente, cette thèse excluait, de fait, la possibilité d’une perpétuation de la tradition chrétienne de la vanité dans ses natures mortes. Elle interdisait, de même, une lecture anecdotique et morale argumentée de ses admirables scènes de la vie domestique. Nombre de contemporains du peintre divergeaient entièrement, sur ce dernier aspect, de la critique moderne. Qu’en conclure ?