Le système des arts au service de Napoléon
Christophe Beyeler
Ancien élève de l’école nationale des Chartes et de l’école nationale du Patrimoine, Christophe Beyeler est conservateur du patrimoine au château de Fontainebleau, notamment chargé du musée Napoléon Ier. Il a assumé le commissariat et le catalogue des expositions : Le Pape et l’Empereur : la réception de Pie VII par Napoléon à Fontainebleau, 25-28 novembre 1804 (2004) ; Jérôme Napoléon, roi de Westphalie (2008) ; Noces impériales : le mariage de Napoléon et Marie-Louise dessiné par Baltard (2010) ; Enfance impériale : le roi de Rome, fils de Napoléon (2011). Spécialiste de peinture d’histoire du XIXe siècle, il s’intéresse à la création artistique sous l’angle de la construction de l’image.
Napoléon et les arts. Pinceaux, ciseaux, burins et compas au service du sceptre Orchestré en large part par Denon, le « système des arts » doit magnifier la figure de Napoléon, « Empereur des Français et Roi d’Italie ». Un cadre institutionnel strict favorise formation, émulation artistique et intense création iconographique. Cette « fabrique de l’image » au service du pouvoir impérial combine tenue du « Salon des artistes vivants » au Louvre, organisation des concours à Paris comme dans toute l’étendue du Grand Empire et commande directe aux artistes pour orner les lieux de pouvoir. A Bordeaux, on caresse le projet d’ériger une statue en pied au Premier consul, puis une statue équestre à l’Empereur, et on sollicite le sculpteur néoclassique Moitte – cette initiative resta à l’état de projet, dont témoigne une fonte récemment acquise par le musée Napoléon Ier du château de Fontainebleau. Partout, pinceaux, ciseaux, burins et compas sont mobilisés au service du sceptre.