Ill. Giovanni-Battista Tiepolo Fresque du plafond dans l'escalier de la Résidence de Würzburg détail

Giambattista Tiepolo : Le plafond de la Résidence de Würzburg

Alain Mérot

Alain Mérot est professeur émérite d’histoire de l’art moderne à la faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Auteur de nombreux ouvrages, principalement sur la peinture française et européenne du XVIIe siècle (Le Sueur, Poussin…) il a publié en 2025 aux éditions Le Passage, L’Atelier de la Grâce (avec Anne-Marie Lecoq) et en 2026 le premier volume d’une monographie de Simon Vouet (avec Arnauld Brejon, Barbara Brejon et Véronique Meyer).

 

Dans l’histoire des plafonds peints dans l’Europe moderne, celui que Giambattista Tiepolo réalisa en 1752-1753 pour la Résidence du prince-évêque Carl-Philip von Greiffenklau à Würzburg marque sans doute un apogée. Héritier de la longue tradition baroque italienne, de ces « gloires » célestes peuplées de multiples figures allégoriques exaltant les pouvoirs civils ou religieux, Tiepolo réalisa dans les années 1730-1740 à Venise, sa ville natale, plusieurs grandes compositions décoratives d’une virtuosité et d’un charme exceptionnels. C’est fort de sa grande renommée qu’il s’installe pour trois années à Würzburg avec ses fils et son équipe pour s’attaquer au plus grand chantier de sa carrière, dans le palais que Balthasar Neumann vient d’édifier. Il y décore le Salon des Empereurs (Kaisersaal) de compositions liées à l’histoire de l’évêché de Würzburg et le Grand Escalier, dont la voûte de 600 mètres carrés reçoit une composition gigantesque montrant Apollon éclairant le monde. Les côtés reçoivent des évocations allégoriques des quatre continents – Europe, Asie, Afrique et Amérique – que le spectateur qui gravit l’escalier découvre successivement, enchanté par la multiplicité des points de vue, l’élan vertical et la luminosité de l’ensemble. Ce spectacle réserve des surprises, le langage officiel de célébration n’excluant pas l’humour ni certaines singularités iconographiques. L’étonnante fusion de l’architecture, de la peinture et de la sculpture en stuc offre une expérience unique. Tiepolo tentera de la renouveler au Palais Royal de Madrid (1762-1770), mais sans en retrouver l’ampleur ni la verve. Très vite, les plafonds illusionnistes vont être bannis par le néo-classicisme, soucieux de subordonner la peinture à la logique de l’architecture.

DATE

02/04/2027

Lieu

Bordeaux Athénée amphithéâtre Wrésinski

Durée

de 18H à 19H15

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