Jean-Robert-Nicolas Lucas de Montigny, Rouen 1747 – Paris 1810

Jean-Robert-Nicolas Lucas de Montigny, Rouen 1747 – Paris 1810

Jean-Robert-Nicolas Lucas de Montigny, Rouen 1747 – Paris 1810

Buste d’Antoinette Clavel dite la Saint-Huberty dans le rôle d’Iphigénie

Plâtre signé et daté sous le coté droit Lucas de Montigny fecit 1784
Hauteur du buste, 61,5 cm
Hauteur du socle 19 cm
Provenance : Gabriel de Montigny, arrière petit-fils de l’auteur
qui l’avait acquis en 1893 à Aix-en-Provence
Acquis auprès de la galerie Kugel Paris
Don des Amis du Musée en décembre 2017

 

Le rôle d’Iphigénie, créé en 1779 par Melle Levasseur, fut repris en 1784 par Antoinette Clavel, dite la Saint-Huberty, à l’âge de 28 ans, alors qu’elle était au faite de sa gloire. Bien que peu jolie, elle enthousiasmait le public parisien par son jeu d’actrice irréprochable. Elle fut une des cantatrices les plus réputées dans l’Europe du siècle des Lumières. Elle fut notamment la première à l’Opéra à renoncer au costume moderne pour le costume antique. Elle s’était illustrée en 1783 et au début de 1784 dans son interprétation de Didon, drame écrit et mis en musique pour elle par Marmontel et Puccini et l’on sait que Montigny la portraitura aussi dans ce rôle pour répondre à une commande de Mirabeau, l’amant de la cantatrice. La statue en terre cuite mentionnée dans l’inventaire après-décès de Mirabeau en mars 1792 a disparu mais il nous en reste un plâtre aujourd’hui conservé au Louvre. (Document transmis par la galerie Kugel)

Invitée à Bordeaux par « le Musée » et son Académie de Musique, le 7 août 1784, Melle de Saint-Huberti chantera la scène d’Atys. La séance publique se termine par un autre concert dans lequel Mad. Saint Huberti de l’Académie Royale de Musique à chanté une ariette italienne et une ariette française.

 

Jean-Robert-Nicolas Lucas de Montigny né à Rouen en 1747, et décédé à Paris en 1810, fut l’élève de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785). À la Révolution dont il épousa les idées, Lucas de Montigny fut très actif, sculptant les bustes de Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Mirabeau. Il épousa en 1777 Edmée-Adelaïde Baignères, fille du premier médecin du roi qui fut aussi le médecin de Mirabeau. C’est certainement grâce à l’intercession de son beau-père que Lucas de Montigny obtint, avant la statue de la Saint-Huberty en Didon, la commande du buste en marbre de Mirabeau, le seul qui ait été fait du vivant de l’orateur, et conservé aujourd’hui au musée du Louvre. Bien qu’il ne fut pas admis à l’Académie royale de peinture et de sculpture, sa production fut importante, notamment dans l’art du portrait et il expose régulièrement aux Salons du Louvre de 1791 à 1808. Ses portraits sont de précieux témoignages des traits de ses célèbres contemporains tels Voltaire et Rousseau. Le buste d’un autre acteur, Préville, dans le rôle de Figaro se trouve aujourd’hui au musée du Louvre. Après une vie de déboires aussi bien personnels que professionnels, n’étant pas reconnu à sa juste valeur, il mourut en 1810 chez son fils, Jean-Marie-Nicolas, gendre du sculpteur Roland et plus probablement fils naturel de Mirabeau qui lui légua son immense fortune et collection.

 

Charles-François-Gabriel Lucas de Montigny (1844-1908), arrière petit-fils du statuaire Jean-Robert Nicolas de Montigny, petit-fils de Jean Marie Nicolas Lucas de Montigny, qui fut adopté par Mirabeau, voua un véritable culte à ce dernier. Héritier des documents appartenant à la famille de Mirabeau, il a légué à l’Académie d’Aix-en-Provence les papiers de sa famille ainsi que le buste du tribun fait d’après nature en 1791 par son arrière grand-père.

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