Le Greco face aux peintres de l’Escorial

Pascal Torres

Conservateur en chef au musée du Louvre

Historien d’art, essayiste et écrivain, Pascal Torres est conservateur en chef au musée du Louvre et membre de la Real Academia de Nobles y Bellas Artes de San Luis, académie Royale fondée par Francisco de Goya sur ordre de Charles IV en 1792. Romancier son second livre « Chocs » est paru aux éditions le Passage en janvier 2018.

Le Greco est né vers 1541 à Candie, la capitale de la Crète, alors sous la domination de la République de Venise. Bien que ses premiers tableaux de tradition byzantine et de style gréco-italien soient largement diffusés l’artiste va s’éloigner progressivement de ses origines. A Venise il découvre l’art de Titien auquel il vouera une profonde admiration. De lui, il a surtout retenu la leçon de la couleur et du Tintoret il a appris la science de grouper les personnages et de les animer dans une architecture éclatante. En novembre 1570, le Greco est à Rome. Son séjour au palais Farnese est capital. Il y rencontre les écrivains et les artistes. Sa connaissance du grec et du latin le fit accepter dans le cercle des érudits et grâce au bibliothécaire Fulvio Orsini il devint ami avec les humanistes espagnols dont Luis de Castillan, un jeune prêtre de Tolède.

En 1577, le Greco est à Tolède. Agé de trente-six ans, le Greco reçut ses premières commandes officielles. A cette époque Philippe II d’Espagne recrutait des artistes pour la décoration de l’Escorial, non seulement espagnols mais aussi d’artistes italiens. Toute une équipe de peintres et sculpteurs s’employèrent à la magnificence du palais monastère de l’Escorial. On y retrouvait le Greco, le génois Lucas Cambiaso, mais aussi Federico Zuccaro, et Pelligrino Tibaldi. Tous œuvrèrent à la création d’un programme iconographique éblouissant.

Ill. : Le Greco, Pieta, détail

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