Léonard de Vinci : la Joconde

Vincent Delieuvin

Conservateur du patrimoine. Département des peintures au musée du Louvre

Conservateur du patrimoine au département des Peintures du musée du Louvre, en charge des peintures italiennes du XVIe siècle. commissaire de plusieurs expositions organisées au Louvre : « Titien, Tintoret, Véronèse… Rivalités à Venise », « La Sainte Anne, l’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci » en 2012 et enfin « Raphaël, les dernières années » toujours en 2012. Il poursuit actuellement ses recherches sur Léonard de Vinci et prépare pour 2019 une grande rétrospective qui célèbrera les 500 ans de la mort en France du grand maître toscan.

Appréciée pour son cadrage, sa beauté et l’énigme qui se dégage de son sourire et de ses yeux qui nous fixent, quelle que soit la position depuis laquelle on la regarde, la Joconde est une des œuvres les plus étudiées dans l’histoire de l’art. Les mains croisées de Mona Lisa, sont fines et naturellement naturelles. Or il n’était pas courant dans le portrait florentin contemporain, de montrer les mains en tant que telles c’est-à-dire sans leur faire tenir un accessoire. De fait, la pose même de Mona Lisa allie harmonieusement la culture des bonnes mœurs et une allure naturelle du corps. Si le style de Léonard a servi de modèle à plusieurs générations d’artistes, c’est qu’il appartient aussi pleinement à son temps et constitue l’aboutissement d’une recherche fondamentale de la Renaissance. Ce qu’il apporte d’essentiel, c’est la plénitude du style. Dans ses portraits comme dans ses compositions, ce style manifeste l’unité intime de sa pensée et de son intuition sensible du monde. Artiste de génie, il invente ce qui allait devenir une des formes de base de l’élégance et de la « grâce » classiques : la forme serpentine. Lomazzo y verra « tout le secret de la peinture », car elle donne à la figure la « grâce » en lui permettant de « montrer qu’elle se meut ».

 

  • Vendredi 16 février 2018 à 18h Athénée amphithéâtre Wrésinsky  place saint Christoly
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