Vie quotidienne et monde réel dans les œuvres picturales de l’époque moderne (Xv-XVIII siècles) une riche documentation pour les historiens

Jean-Pierre Poussou

Agrégé d’histoire, docteur es Lettres, professeur émérite de l’université Paris-Sorbonne, spécialiste en démographie historique, il s’est occupé de bien d’autres domaines allant du XVIe au début du XXe siècle. Il a publié plusieurs ouvrages sur Bordeaux et la vie quotidienne dont Les Lumières du Médoc.

Les œuvres picturales (tableaux, fresques et gravures) intéressent les historiens à bien des égards. Il est concerné bien évidement par l’évolution des arts et par ce qu’elle nous apprend pour l’histoire de la culture. Le contenu de ces œuvres ne le sollicite pas moins. En particulier, les documents qu’il utilise ne lui permettent pas de se représenter directement le monde réel et les conditions de vie d’autrefois. Or, à partir du début du XV° siècle, le monde de la réalité a pris de plus en plus de place dans les œuvres picturales. Certes, au début le « réalisme » des tableaux ou gravures relève en fait d’une inspiration religieuse. Mais, dès la seconde moitié du XV° siècle, les scènes d’intérieur, les paysages, les portraits sont représentés pour eux-mêmes. La peinture hollandaise, plus que tout autre, fait une place à la vie de tous les jours. Aux XVII° et XVIII° siècles les peintres français ne sont pas en reste avec notamment les frères Le Nain et Chardin.

Après avoir mis en perspective l’introduction du « réel » dans la peinture, la conférence montrera à quel point les œuvres picturales sont indispensables pour visualiser les paysages urbains ou ruraux d’autrefois, pour découvrir le décor de la vie et la vie quotidienne. Puis elle abordera la difficile question de leur interprétation (en particulier pour les Le Nain) et soulignera combien la notion de réalisme peut être trompeuse. Un historien ne saurait s’en étonner : toute documentation historique demande un traitement critique.Ill. : Reynolds Joshua, Portrait de Richard Robinson

 

Facebook