• Charles Le Brun, Les Différentes nations de l’Amérique, détail.

 

Par Arnauld Brejon de Lavergnée,

conservateur général du patrimoine. Pensionnaire à la Villa Médicis à Rome, conservateur au Musée de Cluny chargé, avec M. Erlande-Brandenbourg de la rénovation du château d’Ecouen, conservateur au département de Peintures du musée du Louvre, il a consacré plusieurs expositions aux peintres caravagesques français. Conservateur du musée des Beaux-Arts de Lille, il a été commissaire de l’exposition des Plans en relief des villes du Nord, de l’exposition  Renaissance et baroque, les dessins italiens dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Lille. Par la suite, il a dirigé le musée des Gobelins et y a organisé des expositions sur les tapisseries du XVIIe siècle français.

Quand Mazarin mourut à Vincennes en 1661, il faisait à Louis XIV, « son pupille de génie » disait Lamartine, une France où les factions étaient liquidées, et où les factieux étaient devenus des courtisans : son ministère se soldait donc par un royaume de France unifié et renforcé.

La richesse de l’image de Louis XIV est sans précédent dans l’histoire : Louis XIV est le Roi Soleil, c’est-à-dire Apollon en tant que divinité solaire. Façonnée par le souverain lui-même et ses conseillers, cette image évolue sans cesse pour épouser des figures obligées : le roi de guerre menant ses troupes, le roi mécène protecteur des arts, le roi très chrétien défenseur de l’Eglise, le roi de gloire, image const ruite pour la postérité. Cette gloire visible, allant jusqu’au mythe, qui se construit de son vivant, s’est fondée sur l’excellence des artistes, tels que Le Bernin, Girardon, Rigaud, Cucci, Gole, Van der Meulen, Coysevox qui s’appliquent à sublimer le portrait royal, et que l’exposition permettra de redécouvrir.

Le goût du roi

Roi protecteur des arts et roi collectionneur, il rivalisait avec les autres souverains d’Europe qui étaient de véritables connaisseurs. Bénéficiant de l’héritage de Mazarin, Louis XIV forme son goût au contact direct des artistes, et grâce aux relations personnelles qu’il établit avec
eux : Le Brun et Mignard pour la peinture, Le Vau et Hardouin-Mansart pour l’architecture, Le Nôtre pour l’art des jardins, Lully pour la musique, Molière pour le théâtre. En rassemblant les oeuvres appréciées du Roi, un véritable portrait d’un amateur d’art passionné et d’un véritable homme de goût se dessine à travers joyaux, camées, médailles, miniatures, objets d’art, mais aussi tableaux et sculptures dont il aime s’entourer dans le Petit Appartement à Versailles.

 

Louis XIV a réuni plus de 2 500 pièces héritées de ses ancêtres, acquises auprès de grands collectionneurs comme Fouquet, ou réalisées par les manufactures royales.
Parmi les plus célèbres figurent les Actes des Apôtres, l’Histoire de Scipion, les Chasses de Maximilien conservées au Louvre. On y trouve aussi des tissages des Gobelins et de Beauvais sur des sujets inspirés par Le Brun, Poussin, Jules Romain ou Raphaël.

 

  • Date : vendredi 10 février 2017. A 18 heures Athénée amphithéâtre Wrésinsky place saint Christoly
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