Jean Royère (1902-1981), les arts décoratifs : d’Aplemont au palais du Shah d’Iran

  • Royère Jean Lampe liane

 

Pierre-Emmanuel Martin-Vivier

Docteur en histoire de l’art

Docteur en Histoire de l’art, thèse soutenue à la Sorbonne en 2005 ; il occupe par la suite un poste d’enseignant à cette même université, participe à des colloques et rédige de nombreux articles. Il a travaillé à l’organisation d’expositions notamment sur Alberto Giacometti à la Fondation Beyeler, sur le Surréalisme au Victoria and Albert Museum), a été commissaire de la rétrospective Jean-Michel Frank un décorateur dans le Paris des années 1930″ à la Fondation Yves Saint-Laurent. Auteur de monographies sur les œuvres de Jean Royère et Jean-Michel Frank, ces deux importants ouvrages font toujours autorité.

Grand spécialiste de Royère, ce dernier fut l’un des derniers décorateurs qui, non seulement créait le look et l’ambiance des pièces, mais également la totalité des meubles pour remplir ces espaces. Ses pièces de métal travaillé, par exemple, témoignent d’un sens de la fantaisie qui leur est propre. La fascination du créateur pour les configurations organiques, surtout dans ses pièces capitonnées, en fait visiblement un précurseur des formes sinueuses de Pierre Paulin dans les années 60. La fantaisie décorative et l’humour de Jean Royère apparaissent comme une évidence. Autodidacte, il débute sa carrière en explorant des voies ouvertes par Jacques-Emile Ruhlmann dont il apprécie l’élégance et la maîtrise d’un artisanat traditionnel. Parallèlement, il admire la simplicité et la rigueur d’un architecte comme Djo-Bourgeois et expérimente l’emploi de matériaux modernes, se rapprochant ainsi des préoccupations des nombreuses avant-gardes européennes. La plus évidente complicité apparaît avec l’esprit et le style moderne qui se développent dans les pays nordiques alliant l’économie fonctionnelle et le confort chaleureux.  Considérant cette modernité comme une étape, Jean Royère n’a de cesse de renouer avec l’ornemental et le décoratif. Les armes de son vocabulaire décoratif s’épanouissent dans la couleur et le matériau qu’il utilise en contraste pour retenir le regard.

 

  • Vendredi 2 février 2018 à 18h Athénée amphithéâtre Wrésinsky place saint Christoly

 

 

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