Cordouan phare des rois et rois des phares

  • Le phare de Cordouan

 

Robert Coustet

Professeur honoraire d’histoire de l’art contemporain, université Bordeaux Montaigne

Professeur honoraire de l’université Michel de Montaigne, spécialiste de l’art bordelais des XIXe et XXe siècles, auteur d’ouvrages et articles dans des revues savantes, membre de l’Académie nationale des Sciences, Belles lettres et Arts de Bordeaux, pendant près de dix ans, il a été aux côtés de la regrettée Nicole Schÿler, vice-président de ce qui était alors la Société des amis des musées de Bordeaux

 

Les phares n’ont cessé de fasciner par leur architecture singulière au service des navigateurs et les Anciens avaient classé celui d’Alexandrie au rang des sept merveilles du monde. Parmi ces étranges tours, celle de Cordouan occupe une place privilégiée par son ancienneté, par l’originalité de son architecture mais aussi, ce qui est plus inattendu, par sa signification symbolique et politique. Voulu en 1584 par Henri III pour remplacer une vieille tour médiévale, sa construction fut confiée à un personnage encore mystérieux et à coup sûr génial, Louis de Foix. Le chantier fut repris par Henri IV qui garda l’architecte mais lui imposa un programme nouveau d’une ambition inégalée. Au prix de difficultés inouïes, Louis de Foix conduisit l’entreprise jusqu’à sa mort en 1606 et elle fut achevée sans modifier son projet en 1611, un an après la mort du roi. Louis de Foix et Henri IV laissaient un monument d’une exceptionnelle qualité architecturale.
Au cours des siècles, le phare de Cordouan subit de nombreuses modifications. Mais il bénéficia toujours de la sollicitude particulière des souverains successifs. Le changement le plus spectaculaire fut, à la fin de l’Ancien Régime, la construction par l’ingénieur Joseph Teulère, de la haute flèche qui le couronne encore aujourd’hui. En son état actuel, le phare de Cordouan constitue un monument d’exception qui va faire l’objet d’une demande d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

  • Vendredi 2 février 2018 à 18h Athénée amphithéâtre Wrésinsky place saint Christoly

 

 

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