La Fuite en Égypte dans l’art d’Occident : Giotto, Cranach, Gentileschi, Rubens, Guttuso

François Boespflug 

Professeur émérite d’histoire de l’art, université de Strasbourg

Licencié en philosophie scolastique, puis en théologie et en science des religions, François Boespflug est titulaire de deux doctorats de 3e cycle avec une thèse mixte soutenue à la Sorbonne, sur Dieu dans l’art. Il a reçu diverses charges de cours, d’abord au Cycle des Études Doctorales de l’Institut Catholique de Paris puis à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), Il a publié « Dieu et ses images », paru chez Bayard en 2008, « La Résurrection du Christ dans l’art d’Orient et d’Occident », cosigné avec son épouse, Emanuela Fogliadini, paru en octobre 2016,

Cet épisode de la vie de la Sainte Famille n’a droit qu’à une brève mention dans l’évangile de Matthieu (Mt 2, 13-15), le seul des quatre évangiles canoniques qui en parle, et les historiens contemporains doutent qu’il ait vraiment eu lieu. Encouragés par les récits des évangiles apocryphes, les artistes, depuis des siècles, ont été d’un avis différent. La sobriété de la référence scripturaire et le côté mythique de la destination ont donné libre cours à leur imagination, et surtout l’idée les a émus, comme elle peut nous toucher de nos jours, que Marie et Joseph, comme tant de parents en situation précaire, ont dû quitter leur domicile et fuir leur pays. Dans la fantastique postérité artistique de cet épisode, la conférence privilégiera les peintures occidentales depuis Giotto jusqu’à nos jours, en les rangeant dans l’ordre présumé des étapes de ce séjour, jusqu’au retour de la Sainte Famille en Galilée, à Nazareth.

Ill. : Sano di Pietro, La fuite en Egypte, détail

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