l’âge d’or de la peinture anglaise : Reynolds, Gainsborough, Turner

Emmanuel Coquery

Directeur scientifique de l’établissement public de la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais

Directeur scientifique du Grand Palais depuis 2017, Emmanuel Coquery, diplômé de HEC, de l’Institut national du Patrimoine et docteur en histoire de l’Art, est spécialiste du XVIIe siècle. Il a commencé sa carrière en tant que conservateur chargé des collections anciennes au musée des Beaux-Arts de Nantes de 1995 à 1997, avant de rejoindre le musée du Louvre au département des Objets d’art pendant sept ans il va par la suite diriger les musées de Troyes jusqu’en 2007 notamment son musée d’Art moderne. Après avoir travaillé au Louvre Abou Dhabi Il a ensuite poursuivi sa carrière dans le secteur privé, en tant que directeur du patrimoine de la maison Chanel, avant de revenir, en 2017, au sein de la Réunion des musées nationaux (RMN).

L’excellence des artistes anglais va surtout trouver son territoire d’élection dans deux genres spécifiquement chéris par les amateurs anglais depuis des décennies : le portrait et le paysage. En effet, dans un pays dont l’histoire politique et religieuse fut particulièrement complexe et dramatique au cours des XVIe et XVIIe siècles, les peintres ont dû renoncer aux genres trop connotés de l’histoire, de l’allégorie et de la religion. Aux artistes, on demandera donc de se concentrer sur la représentation fidèle des individus et de leurs lignées ainsi que de leurs domaines fonciers dont l’exploitation rationnelle devient une des grandes préoccupations de la gentry anglaise au XVIIIe siècle. C’est dans le genre du portrait qu’à partir des années 1720-1740 que les Britanniques vont tout d’abord innover en élaborant une formule complètement originale du portrait en conversation, la Conversation Piece, où se manifestent les préoccupations d’une société désormais pacifiée et où les opinions circulent plus librement dans des cercles de sociabilité élargis. De nombreux peintres parmi lesquels Tomas Gainsborough, Joshua Reynolds, William Turner vont s’y employer brillamment. Ce dernier, va s’intéresser plus particulièrement à la lumière et étudier les variations atmosphériques, les ciels, les nuages, le temps.

 

 

 

Ill. : Thomas Gainsborough, Robert Andrews et son épouse

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