Peindre les femmes : Tissot entre Degas et Manet

Stéphane Guégan

Conseiller scientifique de la présidence au musée d’Orsay

Ecrivain historien et critique d’art, Stéphane Guégan a écrit plusieurs ouvrages notamment sur Manet, Caillebotte, Toulouse-Lautrec. Il a été commissaire d’expositions en France et à l’étranger sur les peintres impressionnistes, sur Manet et l’Espagne, Manet l’inventeur du moderne, Manet Ritorno à Venise.

 

Grand ami de Degas et Manet, James Tissot (1836-1902) n’a pas été aussi bien traité par l’histoire de la peinture moderne. Il attendait son heure, elle est arrivée. Les femmes, de Paris et Londres, dominent sa peinture qui sut allier le brio à la subtilité, le sensuel au mystère. Si tout homme se définit par ses passions, Tissot est l’esclave consentant et constant des siennes. A son fonds de sensualité ardente, la peinture ne fut pas la seule réponse. Aurait-il si bien saisi les aléas et duplicités de la vie amoureuse, prisonnière qu’elle était encore du corset social, sans sa connaissance intime du terrain ? Le magnétisme animal, que le XIXe siècle ne réduisait pas à la simple attirance sexuelle, fut donc le grand sujet de sa peinture et de sa vie, comme le confirme, bien sûr, l’idylle qu’il noua avec Kathleen Newton, continuée au-delà du deuil, par la grâce du spiritisme et de la magie des images.

 

 

 

 

 

 

 

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