Roman Opalka : La peinture comme ascèse

Denys Riout

Professeur émérite d’histoire de l’art, université Paris I Sorbonne

Denys Riout, professeur honoraire d’histoire de l’art contemporain (Paris 1 – Panthéon-Sorbonne), Ses travaux portent sur la « modernité » et les avant-gardes jusqu’aux divers courants des années 1960-1970. Il a écrit de nombreux articles, publié plusieurs notices dans les catalogues d’exposition. Il a publié chez blié chez Macula une anthologie de textes, « Les Écrivains devant l’impressionnisme », « Yves Klein. Manifester l’immatériel » (Gallimard, 2004), « Yves Klein. L’aventure monochrome” (Gallimard, coll. « Découvertes », 2006) et dernièrement « Oeuvres invisibles » Gallimard (coll. « Art et artistes »).

Roman Opalka (1931-2011), peintre et graveur, commençait à jouir d’une excellente réputation artistique dans son pays, la Pologne communiste, quand il donna une tout autre orientation à son œuvre. En 1965, il décide de rendre visible le temps d’une vie, la sienne. Pour ce faire, il peindra/écrira la suite des nombres de 1 à l’infini et cela jusqu’au jour où la mort interrompra ce comptage. Sans jamais trahir son projet de transmuer en espace la progression inexorable du temps, Roman Opalka a su l’enrichir de développements inattendus. Aujourd’hui laissée dans un état d’inachèvement définitif, cette œuvre exemplaire demeure un témoignage capital du XXe siècle. Nous tenterons d’en expliquer les raisons.

Ill.: De la temporalité de l’espace

 

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