Picasso à Cannes en 1953

 

 

Conférence par Stéphane Guégan,

écrivain, historien et critique d’art, conservateur au musée d’Orsay et spécialiste du romantisme français, il a axé ses recherches sur les rapports entre peinture et littérature. Ses publications – livres, catalogues d’exposition et articles – ont porté principalement sur Théophile Gautier, Charles Baudelaire, Théodore de Banville, sur les peintres Delacroix, Ingres, Chassériau, Manet dont il a été commissaire de l’exposition Manet inventeur du moderne.

Camarade Picasso !
Entre le raid sanglant de Guernica (1937) et la mort de Staline (1953), Picasso semble avoir tenu ses engagements face à l’histoire. Son attitude, sous l’Occupation, aurait été exemplaire, comme son adhésion au PCF en octobre 1944. Il importe aujourd’hui d’approcher avec plus de nuances et de circonspection ces années de feu, celles qui virent le peintre préparer sa souveraineté de part et d’autre du rideau de fer.
Guernica fait référence à une situation historique concrète et témoigne de l’engagement politique de Picasso. Cet immense tableau (349,3 x 776,6 cm)  est d’un effet monumental. Cette composition horizontale réunit sept figures ou groupe de figures. Au centre du tableau, se tient un cheval blessé, le cou douloureusement contorsionné vers la gauche et la gueule déchirée dans un râle d’agonie. On voit aussi s’avancer une tête humaine de profil et un bras tenant une lampe à pétrole. Dans ce tableau peint en 1937, Picasso introduit une suite de motifs et de schémas picturaux largement répandus par une longue tradition. Pas de couleur mais des noirs et des variations de gris que viennent rompre des éclats de blancs très purs ayant pour effet de renforcer l’effet dramatique de l’œuvre.

  • Vendredi 30 septembre 2016, 18 heures, Athénée amphithéâtre Wrésinsky, place Saint-Christoly

 

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