Toulouse-Lautrec et la modernité

Danièle Devynck

Conservateur en chef du Musée Toulouse-Lautrec d’Albi

Daniele Devynck est conservatrice en chef du musée Toulouse-Lautrec d’Albi, qu’elle dirige depuis 1987. Commissaire de nombreuses expositions en France et à l’étranger, elle a notamment éclairé la connaissance de l’œuvre du peintre albigeois et de son époque à travers diverses manifestations : Toulouse-Lautrec et le japonisme, Toulouse-Lautrec et ses amis, Le Chat Noir, Yvette Guilbert, Toulouse-Lautrec et la modernité,… Auteur d’ouvrages et de catalogues, elle a rédigé nombre d’articles sur le peintre Toulouse-Lautrec et sur son œuvre, notamment Toulouse-Lautrec paru aux éditions du Chêne.

Dès le début du XIXe siècle les Tapié de Céleyran et les Toulouse-Lautrec s’étaient unis par de nombreuses alliances donnant lieu à des mariages consanguins. Le mariage d’Adèle Tapié de Céleyran et du comte Alphonse de Toulouse-Lautrec, son cousin germain, continue la tradition. Le couple habitait le château du Bosc en Aveyron, mais la comtesse préféra mettre au monde son fils à Albi, dans la maison des demoiselles Imbert du Bosc, ses tantes. C’est dans cette maison qu’est né le 24 novembre 1864 Henri Marie de Toulouse-Lautrec. Son goût du dessin se manifesta dès sa plus tendre enfance. Et lorsqu’il fut devenu adulte, atteint de difformités physiques, il fréquenta à Montmartre les cabarets notamment le Moulin Rouge. Il croqua La Goulue, Gabrielle, la clownesse Cha-U-Kao. Il peignit des amis mais aussi son cousin Tapié de Céleyran sa mère la comtesse Adèle, des blanchisseuses et Suzanne Valadon. Montmartre reste le vaste domaine que Lautrec explore. De la place Pigalle à la place Clichy et jusqu’au bout de la rue Tholosé, au Moulin de la Galette, bals, cafés- concerts, bars ouvertes à chaque pas, sont pour le peintre à la fois des lieux de plaisir et de travail.

 

Ill. : Henri de Toulouse Lautrec, Suzanne Valadon, détail

 

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